Accueil
- - - - - - -
Actualités
- - - - - - -
Vie Citoyenne
- - - - - - -
Infos Pratiques
- - - - - - -
Vie Quotidienne
- - - - - - -
Publications
- - - - - - -
Urbanisme
- - - - - - -
Ville de Culture
- - - - - - -
Petite Enfance
- - - - - - -
Photos de Rodemack
- - - - - - -
Liens
Histoire de Rodemack

L’histoire de la Citadelle de Rodemack

Synthèse de l'étude experte d'histoire architecturale et d'archéologie monumentale réalisée en 2006 par Christian Corvisier, historien. Avec son aimable autorisation.

 

L'histoire de la Citadelle de Rodemack commence à la fin du Xlle siècle avec celle de ses seigneurs, puissants vassaux du comté de Luxembourg.

Il y a lieu de distinguer plusieurs périodes dans l'évolution de ce site castral.

 Le château et les fortifications des seigneurs de Rodemack 1190-1492

 

Arnaud 1er de Rodemack fonde le château en 1190, sur un site naturel où existaient déjà un établissement féodal, une église paroissiale et un peuplement aggloméré.

Probablement construit en pierre, sur une éminence rocheuse dominant le bourg au sud et attenante au plateau côté nord.

Cependant aucun élément d'architecture militaire ou civile subsistant aujourd'hui ne peut être attribué à cette période, sauf quelques soubassements enfouis.

Ce château fort privé devient peu à peu une position d'intérêt public avec un système de défense, un armement et une garnison en rapport avec les enjeux de la Guerre de Cent-Ans.

Au XVe siècle est créée une deuxième enceinte, celle du bourg, pour protéger la population et mieux assurer la défense du site. Ce rempart est en grande partie toujours en place aujourd'hui.

Dernier seigneur du lieu, Gérard de Rodemack place successivement le château sous la protection du roi de France, puis du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, puis à nouveau sous celle du roi de France. Cette période voit le siège de Rodemack par les Luxembourgeois et sa capitulation en 1483, suivie d'une destruction partielle de son appareillage militaire.

 

Cette première époque est celle de l'évolution d'un château privé et féodal vers une forteresse d'intérêt public.


Les Margraves et les seigneurs de Bade 1492-1624

 

A la mort de Gérard de Rodemack en 1492, le duc de Luxembourg attribue le château à Christophe, margrave de Bade, qui assure le rétablissement militaire de la forteresse, redevenue en 1514 une position de première importance.

De cette époque date le Pâté, énorme boulevard d'artillerie destiné à couvrir le front nord-est du château.

Après une courte occupation française de 1542 à 1544, des travaux de modernisation sont entrepris, avec la construction à l'intérieur de l'enceinte d'un grand corps de logis style Renaissance sur quatre niveaux.

En 1552 la forteresse est saccagée par des troupes françaises et sauvée par le roi de France Henri II, qui met fin aux déprédations en occupant plus pacifiquement cette place qu'il juge très importante.

Divers sièges se succèdent alors, assortis de leur lot de dommages et reconstructions, jusqu'à la Guerre de Trente-Ans.


Guerre de Trente-Ans et mutation en place forte française 1624-1811

 

Les victoires françaises se multiplient jusqu'à la cession de Thionville à la France (Traité des Pyrénées - 1659) et l'occupation définitive de la citadelle par les troupes françaises en 1678.

Sont alors entrepris d'importants travaux de réparations et la construction de bâtiments militaires, de corps de gardes, d'un magasin à poudres et d'un corps de caserne pour loger la garnison permanente. Une nouvelle caserne est construite vers 1740, ainsi qu'une chapelle pour la garnison en 1774.

La citadelle essuie en 1792 le feu des prussiens et autrichiens et subit des dommages importants. Elle sert ensuite de refuge pour les soldats blessés et les populations.

L'importance des travaux nécessaires fait alors envisager sa suppression et la démolition de certains bâtiments. Idée appuyée par le Traité de Lunéville en 1801, qui repousse la frontière loin de la citadelle et lui fait perdre son rôle de sentinelle de l'Empire.

 

Démantèlements et réhabilitations - la famille de Gargan 1811-1980

 

La citadelle est vendue en 1811 à des particuliers qui démolissent une partie des bâtiments et ses ponts-levis pour en récupérer les matériaux.

Mais le Traité de Paris ( 1814 ), qui met fin à la guerre avec l'Autriche, confère de nouveau à la Citadelle de Rodemack le rôle de poste frontière et amène l'Etat à racheter la forteresse et à la réarmer. Elle est assiégée pendant les Cent Jours et défendue par le général Hugo, père de Victor Hugo, qui résiste victorieusement.

Il s'agit là de la toute dernière contribution militaire de la citadelle, qu'un rapport de 1821 propose de supprimer, tant les logiques de la guerre moderne ont affaibli ses qualités stratégiques de défense.

Des destructions sont entreprises, ne laissant subsister que quatre bâtiments d'importance inégale vendus à des particuliers, qui ne se signent aucune activité notable jusqu'en 1860.

L'entrée en scène à cette date de Charles-Joseph de Gargan, qui rachète les restes de la forteresse, marque le dernier tournant important de l'histoire de la citadelle. La famille de Gargan lui confère en effet une vocation résidentielle avec un parc paysager, la transformation du magasin à poudres en chapelle et celle de l'ancienne écurie en garage. Un court de tennis est installé.

La citadelle est classée Monument Historique en 1981. Après le décès de Madeleine de Gargan en 2000 elle est mise en vente par la famille et la Communauté de Communes de Cattenom et Environs l'acquiert en janvier 2004.

Issue de l'époque médiévale et à vocation militaire dès son origine, la Citadelle de Rodemack fut à la fois victime et bénéficiaire des vicissitudes de l'histoire.

Tour à tour gardienne incontournable de frontières toujours en mouvement ou isolée dans un no man's land dénué d'enjeu territorial, elle s'affirme aujourd'hui comme témoin de huit siècles d'épisodes et guerres mouvementés, qui ont façonné le paysage actuel du Pays des Trois Frontières au nord de la Moselle.

En terme d'architecture militaire pure, elle possède des spécificités qui ne se rencontrent pas fréquemment dans des ouvrages équivalents.